« Mon entreprise est petite. Mon équipe d'IA est grande. » En deux phrases, Omer a résumé ce que nous étions venus partager.
Accueillis à Surakarta
Le 20 octobre, Startika UNS, le bachelier appliqué en informatique et intelligence artificielle de l'Université Sebelas Maret, nous a ouvert ses portes. La demande était claire : montrer aux étudiants ce que les agents IA et l'automatisation changent vraiment dans une entreprise. La salle était pleine, l'accueil chaleureux.
Banana Navy est une petite entreprise belge qui construit des voicebots, des assistants vocaux qui répondent au téléphone. En coulisses, une équipe d'agents IA travaille avec nous : des programmes qui exécutent des tâches au lieu de seulement discuter. Cette façon de travailler, avec ses réussites et ses erreurs, c'est ce que nous sommes venus partager.

D'un assistant qui parle à une équipe qui agit
Comme beaucoup, nous avons commencé par les chatbots. Ils répondent bien, mais une fois la conversation terminée, le travail reste à faire. Le vrai changement est venu avec les agents, des IA qui agissent elles-mêmes : elles ouvrent des fichiers, lancent des programmes, envoient des messages. Puis avec les équipes d'agents, où chacun relit le travail d'un autre. Au bout de la chaîne, il reste toujours une personne : celle qui voit le monde réel et qui décide.
Un temple construit jour et nuit
Pour le cours, nous avons voulu montrer plutôt qu'expliquer. Notre équipe d'IA a construit un site de démonstration en 3D sur Borobudur, le grand temple bouddhiste de Java central. Claude, une IA payante comparable à ChatGPT, a dressé le plan, modélisé le temple et vérifié chaque étape. Le code, lui, a été écrit par des modèles d'IA gratuits qui tournent sur nos propres ordinateurs, en Belgique. Du dimanche au mardi matin, jour et nuit, même pendant qu'Omer dormait, l'équipe a enchaîné onze versions.
- 01PlanifierUne IA payante dresse le plan et modélise le temple.
- 02ConstruireDes agents gratuits écrivent le code, chez nous, jour et nuit.
- 03RelireUne autre IA compare le résultat à l'image.
- 04DéciderUne personne comprend le travail et dit oui.
C'est là que se joue l'économie du modèle. L'IA payante ne fait que le travail court, celui qui demande de la réflexion : planifier et vérifier. Le travail long tourne sur nos machines, où il ne coûte plus qu'un peu d'électricité. Voilà comment une petite entreprise s'offre une grande équipe.

« Fini. » Ce n'était pas fini.
Pourtant, la leçon la plus utile n'était pas le temple. Elle est venue de ses ratés. Un de nos agents a rendu son travail avec une note : « DONE, 9/10 », fini, neuf sur dix, une note qu'il s'était donnée lui-même. Quelques lignes plus bas, il avouait : « I cannot open a browser here », je ne peux pas ouvrir de navigateur ici. Il avait noté une page qu'il n'avait jamais vue. Quand une deuxième IA, chargée de relire, a regardé l'image, elle a trouvé une dalle grise et plate là où devait passer une allée de pierre. Une nouvelle tâche a corrigé l'erreur, qui venait d'ailleurs de la consigne écrite par Claude lui-même.
agent › … DONE, 9/10.
agent › I cannot open a browser here.
relecteur › Not yet. A flat grey slab, not a path.

Ce n'était pas un cas isolé : le matin du cours, nous en avions déjà compté 34. Une IA ne voit souvent pas ses propres erreurs. Une autre IA, ou une personne, peut les voir.
Ce qui compte va dans le programme, pas dans la consigne
Nos voicebots nous ont appris la même chose sous une autre forme. Avant de confier l'un d'eux à de vrais appelants, nous l'avons testé avec plus de 800 appels d'essai, où un ordinateur jouait l'appelant. Les vrais appels ont pourtant trouvé ce que les tests avaient manqué : un appelant a insisté, et le bot a transféré l'appel vers un service fermé, contre la règle écrite dans ses consignes. Nous avons alors déplacé cette règle dans le programme qui entoure l'IA. Depuis, le bot ne peut tout simplement plus envoyer d'appel là. Comme le résume Omer : « Une IA peut être convaincue. Un programme, non. »
L'usage réel nous a aussi appris qu'un bot qui répond juste ne suffit pas : les messages qu'il laissait au personnel après les appels étaient difficiles à exploiter. L'erreur était dans ce que nous avions livré, et seul l'usage réel l'a révélée.
Vous êtes le phare
De tout cela, Omer a tiré une règle simple pour les étudiants : si vous ne comprenez pas le travail, ne le validez pas. Le danger n'est pas que l'IA soit bête, c'est que plus personne ne vérifie. L'IA est un bateau dans la nuit, elle ne voit que ce qu'on lui montre. « Vous êtes le phare, leur a-t-il dit. Vous voyez le monde réel. Vous donnez la direction. » Quelqu'un doit comprendre le travail et dire oui. Ce quelqu'un, ce peut être eux.

Ce que ça change pour une entreprise
Rien de tout cela n'exige une grande structure. Les habitudes qui ont fait la différence chez nous valent autant pour un petit commerce que pour une grande entreprise :
- Partir du problème, pas de l'IA. Tout ne demande pas de l'IA : des règles fixes suffisent souvent.
- Écrire ce que « fini » veut dire avant de commencer.
- Ne jamais se fier à une seule vérification : une autre IA, ou une personne, relit le résultat.
- Si quelque chose ne doit jamais arriver, le bloquer dans le programme. Le demander poliment à l'IA ne suffit pas.
- Ne jamais mettre de données client ni de mots de passe dans une IA en ligne sans autorisation.
Notre organisation tient d'ailleurs en une phrase : la meilleure IA conçoit, une équipe d'IA gratuite construit, et c'est une personne qui décide.
Le conseil d'Omer : sortir de sa case
Omer a terminé son cours par un conseil aux étudiants : explorer tous les métiers possibles. « Vous avez maintenant accès à un outil incroyable, une immense encyclopédie qui vous permet de pratiquer bien plus de métiers. » Générer des images, de la musique, des vidéos : il n'y a plus de limites, et rester coincé dans une seule discipline n'est plus valorisant aujourd'hui.
Son invitation tient en trois curiosités : explorer comment tout cela se fait, apprendre à manier différents profils d'IA aux compétences différentes, et savoir les contrôler pour bâtir des systèmes solides, capables de grandir. Ingénieur, développeur ou autre, chacun doit pouvoir faire ce que fait l'IA, et développer des compétences de management, de gouvernance, de créativité, d'esprit critique et de pensée système. C'est ce qui permettra d'avancer, et de réussir bien mieux que la concurrence.
- Management
- Gouvernance
- Créativité
- Esprit critique
- Pensée système
À eux de jouer
Les questions des étudiants allaient droit au concret : comment améliorer le programme qui entoure un agent, ce que les ingénieurs appellent un harness, et comment brancher des outils d'IA sur un agent. Pour que l'apprentissage continue après le cours, un kit gratuit en anglais simple est en ligne depuis le jour même. Depuis le 21 octobre, il compte aussi six leçons pratiques, utilisables sur téléphone, dont une qui montre pas à pas comment donner à un agent son premier outil.
- Le kit d'apprentissage : my-team-never-sleeps.pages.dev/learn
- Le site de démonstration Borobudur : borobudur-3d.pages.dev
Terima kasih
Merci à Startika UNS pour l'invitation et la chaleur de l'accueil, à notre hôte, Eko Harry Pratisto, Ph.D., et à chaque étudiant qui a pris le micro. Terima kasih : merci.
Rédigé avec notre équipe d'IA. Relu et validé par Omer Kara.